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f@m@sss
14 messages |
le 31 Janvier 2011 à 21h40Citer |
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| hey la populace, nos sénateurs ont reffusé l'ammendement concernant l'euthanasie, je voulais juste savoir se que vous en pensiez. étudiant en philosophie je commence à avoir mon avis sur la question mais je veux connaitre les votres. merci d'avance |
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-Jean-
6 messages |
le 01 Février 2011 à 14h53Citer |
| Je suis plutôt soulagé qu'ils l'aient refusé. Le fait de le légaliser aurait certainement entrainé de nombreuses dérives tels que nous pouvons le voir dans certains pays. De plus, nous serions alors entré dans une culture de la mort. Je pense que le mieux est de privilégier les soins palliatifs car la demande de l'euthanasie par les patients s'explique dans la grande majorité des cas par une grande souffrance intérieure. Le seul remède est leur prise en charge de manière active, solidaire et fraternelle. Enfin c'est mon avis ^^ Bonne journée! |
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miss-terieuse
149 messages |
le 03 Février 2011 à 21h17Citer |
Personnellement, je suis pour l'euthanasie. Je pense que je préférerai largement mourir plutôt que de passer le reste de ma "vie" cloîtrée dans un lit médical sans pouvoir bouger ni parler. Quand on y pense, toute personne a les moyens de se donner la mort. Si je voulais me suicider, je me jetterai du cinquième étage, j'irai chercher le couteau de cuisine, j'avalerai une plaquette de somnifères ... enfin voilà quoi la liste peut être super longue ... Alors pourquoi ces gens souhaitant VRAIMENT mourir ne le pourraient-ils pas ? C'est une injustice ... Après je conçois que le sujet peut etre sensible, parce que le but des toubibs, c'est de sauver des vies, (mais est ce vraiment une vie quand on est un légume?). De plus, ce genre de décision doit être super dure à gérer pour la famille... J'ai regardé le film qu'ils avaient fait sur Vincent Humbert ... Ben ça fait réfléchir ... Enfin, moi en tout cas ... Voilà mon avis.![]() |
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f@m@sss
14 messages |
le 03 Février 2011 à 22h39Citer |
Je comprend vraiment ton propos miss-terieuse et on sent que tu te poses pas mal de qestion. Mais je trouve que Jean pose aussi une question pertinente de maniere indirecte. |
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-Jean-
6 messages |
le 04 Février 2011 à 16h04Citer |
| Tout d'abord, j'aimerais énumérer quelques définitions histoire que les personnes qui passent par ce topic sachent un peu de quoi on parle: (sauf pour celles qui sont déjà calées sur le sujet bien sûr ^^): - acharnement thérapeutique: "cela consiste à administrer à un patient des traitements devenus inutiles ou disproportionnés"; - euthanasie: "cela consiste à provoquer intentionnellement la mort quel que soit le moyen utilisé: injection létale ou abstention délibérée de traitements indispensables à la vie"; - soins palliatifs: "ce sont des soins actifs délivrés dans une approche globale de la personne atteinte d'une maladie grave, évolutive ou terminale, visant à soulager les douleurs physiques et les autres symptômes mais aussi à prendre en compte la souffrance psychologique et sociale du patient et de ses proches". Miss-terieuse, concernant ta remarque à propos du fait que les gens qui souhaitent VRAIMENT mourir ne le peuvent pas, il faut tout de même rappeler qu'en France le suicide n'est pas légalisé. Avoir les moyens de se donner la mort n'implique pas nécessairement le fait de se la donner. De plus, dans de nombreux cas, des personnes ayant souhaité se suicider ont été sauvées. C'est pourquoi ta question peut se rapprocher d'une autre à savoir: jusqu'à quel point sommes-nous libres? Mais je ne chercherai pas à répondre à cette question^^ Un autre point que j'aimerais souligner, c'est la souffrance de la famille. Tu dis que c'est très dur à supporter pour la famille et je veux bien le croire. Néanmoins, il faut savoir que cette souffrance de la famille est aussi ressentie par le patient qui veut être euthanisié. Dans la plupart des cas, il est porteur d'une "double souffrance" (la sienne et ce qu'il fait subir à sa famille). De plus, la pression sociale est très forte. Ces nombreux facteurs incitent le patient à désespérer et à demander la mort. D'où la nouvelle question, jusqu'à quel point cette volonté de l'euthanasie émane-t-elle de la personne elle-même? La prise en charge de la souffrance de la personne seule ne serait-elle pas plus simple sans la pression sociale et familiale qui l'entoure? C'est pourquoi, à mon avis, il est important pour la famille d'être présente, de soutenir la personne et de dire NON. Tout le monde a des phases de désespoirs plus ou moins profondes selon les situations mais il faut savoir qu'il y a TOUJOURS un moyen de s'en sortir et cela passe par l'amour de l'autre. Il y a un point fondamental que j'aimerai éclaircir. Je risque d'être un peut dur (ne m'en veut pas) mais tu as employé un terme que je rejette profondément et c'est le mot "légume". De quel droit une personne peut-elle en juger une autre, c'est une grave atteinte à sa dignité d'être humain. De plus, quel que soit le handicap, la personne est toujours un "être humain". Le fait qu'elle conserve ses facultés mentales y est pour beaucoup. Et même si elle les as perdues, il faut savoir que la personne a toujours des impressions sensibles, il y a toujours une certaine "perception" quel qu'en soit le degré. J'ai eu la chance de côtoyer des personnes au handicap plus ou moins profond dont un qui est à peu près dans le même cas que Vincent Humbert et qui est tout de même en master 1 de Droit (je vais revenir sur l'affaire Humbert dans un instant). La dignité humaine ne se perd pas, mais le regard de l'autre peut la dénier. C'est pourquoi il est important de prendre soin de ces personnes et je pense que les soins palliatifs sont le meilleur moyen pour y parvenir. De plus, il est nécessaire que la famille soit un soutien et non un "facteur de la mort de la personne"; la maîtrise du regard est importante. Concernant l'affaire Humbert, j'ai moi-même vu le film "Marie Humbert, l'amour d'une mère". Il faut auparavant que tu saches que mes propos ne nient aucunement la souffrance (souffrance psychologique et morale j'entends car comme l'a dit f@m@ss, la médecine a fait beaucoup de progrès dans les anti-douleurs) et un certain désespoir que le patient et sa famille peuvent éprouver. Néanmoins, je pense qu'il faut surmonter tout ça et continuer d'avancer. Après tout, la personne est toujours en vie et la vie continue avec ses bons et moins bons côtés. Pour revenir à l'affaire Humbert, il faut que tu saches que cette affaire et notamment le film ont subi une profonde désinformation. En effet, Vincent n'était apparemment pas tétraplégique. Le fait de le présenter comme une personne à la limite de la mort a permis d'augmenter l'impact que cela aurait sur l'opinion (je ne critique nullement mais cherche la vérité). C'est pourquoi je t'invite à aller voir ce lien où le kinésithérapeute de Vincent parle en connaissance de cause: http://www.sosfindevie.org/eutha/Humbert-Messager.htm. J'espère t'avoir éclairé, c'est un sujet difficile mais passionnant et qui nécessite (il en va de même pour moi) une constante remise en question ^^ Bonne soirée! |
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miss-terieuse
149 messages |
le 04 Février 2011 à 21h32Citer |
![]() C'est justement parce que ce sujet est passionnant que je prends la peine d'y répondre à nouveau. Je tiens juste à éclaircir une chose. Concernant le mot "légume" que j'ai pu employer, en AUCUN cas je ne juge l'état d'une personne. Là, il était question de moi-même, par rapport à ce que je voudrai personnellement si ça devait m'arriver ... Pour ce qui est de la dignité humaine, je suis très bien placée pour savoir qu'un personne handicapée doit être respectée autant qu'une autre, puisque j'ai moi-même une soeur dans ce cas. Ensuite, tu dis qu'il y a TOUJOURS un moyen de s'en sortir ... Sur ce point, je suis tout à fait en désaccord avec toi. Je pense que l'état mental d'une personne varie d'une autre. Certains auront la force de lutter contre les séquelles et les difficultés considérables qu'elles engendront, d'autres pas . Je suis d'accord sur le fait qu'être entouré(e) dans une situation comme celle-ci est capitale. Mais ce n'est pas toujours faisable. Je n'ai pas d'enfant, je ne sais pas ce que c'est de voir son propre enfant dans un lit d'hôpital ne sachant pas bouger, parler, parfois même penser ... Et je ne souhaite absolument pas le savoir. Si j'étais dans un état aussi grave que celui-ci, je sais pertinemment que mon père par exemple, ne saurait pas faire face à cette situation, qu'il viendrait me voir le moins souvent pour ma santé mentale. Autre chose aussi qui me fait réagir ... Tu dis que les suicides ne sont pas légalisés, c'est tout à fait vrai! Pourtant ca se produit quand même. Et si la plupart des gens suicidaires sont sauvés, c'est surtout parce qu'ils sont dépressifs, que de bons médocs et un bon psy change leur façon de voir les choses. Parfois, souvent même, les suicidaires ont des raisons qu'on pourrait qualifier de "stupides" (dit de façon maladroite mais je ne trouve pas d'autres mots, bien que rien ne soit stupide!): rupture récente, perte d'un travail ou autre. Dans ces cas là, y'a des solutions ... Maintenant tu prends quelqu'un (revenons à Vincent Humbert) dans son cas, quoi qu'il fasse, si médicalement on sait que ca ne peut pas s'arranger, pourquoi se battre ? INTERDICTION de (se) donner la mort ... ça parait tout à fait raisonnable! Mais je trouve ça injuste... parce qu'on n'a pas choisi de vivre! Après tout, on nait, on est projetés dans une vie qu'on n'a pas demandée... Pourquoi devrait-on la subir? Je ne dis pas que le choix est facile à faire. Parce qu'on ne sait pas ce qu'est la mort, ni ce qu'on y trouve, comment on se sent (encore faudrait-il pouvoir ressentir ...) De plus, du côté des parents, on se retrouve face à un dilemme : cautionner la mort de son propre enfant ou le regarder "souffrir".? J'ai appris en philo, que souffrir ce n'etait pas "avoir mal"." Souffrir, c'est ne pas savoir ... " La souffrance est double ici ... pour les parenst ainsi que pour le patient, qui lui aussi est face à un dilemme: rendre les gens qui sont autour de moi encore plus tristes et malheureux qu'ils ne le sont déjà en demandant la mort ou vivre dans l'état dans lequel je suis, tout en sachant que rien ne s'arrangera? Donner la mort, ce n'est pas se débarrasser d'un problème ... c'est un acte de bravoure ... Il ne fait pas non plus que ce soit fait "n'importe comment". Qu'il y ait des bilans d'effectués sur la rémission des malade, sur la santé psychologique de celui-ci! Mourir fait partie de la vie ... Ca arrivera forcément un jour, et ce pour tout le monde. On devrait pouvoir choisir comment on veut partir ... En tout cas, merci famous, car ce sujet est super interessant, et c'est vrai que c'est constructif d'echanger avec des personnes qui ont des avis divergeants ![]() Au plaisir de vous lire les gars! |
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-Jean-
6 messages |
le 10 Février 2011 à 17h31Citer |
| Pardonne-moi pour le retard^^ t'as vraiment écrit un roman cette fois!!! Quand tu dis que les personnes sont plus ou moins capable de surmonter ça je suis tout à fait d'accord avec toi. Cependant sache que ce qui me gêne profondément dans l'euthanasie c'est qu'on pense régler le problème en abandonnant. Or ce n'est pas du tout la bonne solution. Lorsque l'on est en phase terminale et que l'on sait que l'on va bientôt mourir, il faut profiter du temps qu'il reste à la personne. Je dis profiter, mais c'est aussi un véritable respect de ce temps et c'est fondamental. Car la mort c'est comme tout ça se prépare. Une fin brutale comme l'euthanasie n'est pas une solution. Dans l'euthanasie, ce qui tue ce n'est pas la maladie, c'est le désespoir. Et c'est là que ça me révolte. Effectivement, c'est quelque chose qui doit être très dur à surmonter et pour le patient et pour la famille. Et c'est pourquoi je pense qu'il est nécessaire de mettre en place certaines aides spécifiques aux cas traités. Après, il en manque certainement. Je trouve dommage que la France qui est un pays pourtant bien développé ne mette pas en place assez d'aide afin de protéger la santé des personnes et pallier à leur souffrance physique et mentale en les prenant en charge. Si elles étaient correctement suivies, il serait beaucoup plus simple de mettre en place des solutions personnalisées afin de leur redonner "goût à la vie". Pour ce qui est de la légalisation de l'euthanasie. Si l'euthanasie est légalisé, il y aura à coup sûr des dérives. Il suffit de regarder la Belgique: une étude publiée en Février 2009 dans la revue "American Journal of Critical Care" révèle que les médecins et les infirmières ont eu recours à l'euthanasie pour 25 enfants alors que la pratique est interdite pour les mineurs. Je te fais grâce de la Suisse et des Pays-Bas^^ Un des problèmes de l'euthanasie est le "suicide assisté". En effet, le patient ou la personne qui demande à ce que l'euthanasie soit appliqué est d'une certaine manière déresponsabilisée. Pour ma part, je trouve que demander l'euthanasie c'est rendre une personne responsable de la mort. Et on ne sait pas les effets que cela peut avoir sur elle sur le long terme. De plus, si le personnel soignant a la possibilité de donner la mort, alors on arrive nécessairement vers une méfiance des patients envers eux. Comment peut-on savoir si ce médecin au lieu de me soigner ne va pas me tuer? "Il est sans espoir, tant qu'à faire pourquoi ne pas faire de la place? (un brin de cynisme). Une question pertinente: pourquoi se battre? Je pense que chacun doit trouver sa propre réponse. Pour ma part, je pense que la vie est un vrai combat, un combat contre soi-même essentiellement. Il arrive parfois que l'on ait envie d'abandonner mais ne serait-ce pas lâche de laisser derrière nous des gens qui comptent sur nous? La vie vaut la peine d'être vécue car il y a toujours quelque chose à apprendre de quelqu'un quel que soit son état physique ou mental. De plus, il faut pas se leurrer elle est belle cette vie. Je reconnais parfois qu'on peut passer par des grosses difficultés mais il faut alors se rappeler ce qui nous a plu dans cette vie. Un dernier point qui te fera peut-être sourire, c'est que je pense qu'il faut aussi montrer l'exemple. Si on ne surmonte pas les difficultés qui le fera à notre place? De plus, que dire des générations futures? Ne serait-ce pas les inciter à la désespérance que de tout abandonner? Les laisser seules est-ce une solution? Cela ne donnerait-il pas naissance à un cercle vicieux entrainant la société tout droit vers la décadence? Je t'ai sans doute peint un tableau un peu noir, mais je pense réellement qu'il nous faut vivre par respect pour les autres: ceux qui nous ont précédé, ceux qui nous précéderont et ceux qui marchent avec nous sur ce chemin que l'on appelle la vie. J'irai même jusqu'à dire que c'est un véritable devoir. Mais bon sur ce point c'est chacun qui voit^^ Quand tu dis subir la vie, effectivement on a pas tellement eu le choix de naître. Mais quand je pense qu'il aurait suffi que mon grand-père rentre du boulot et soit trop fatigué procréer et que rien que pour ça je ne sois pas né et bien je pense que ça vaut le coup de vivre cette vie et partir de ce moment, on choisit de la vivre et on ne la subit plus^^ (et encore je t'ai pas parlé de mon arrière-arrière-arrière-arrière-arrière...grand-père ni de toute la famille mais je pense que t'as saisi le concept XD on a gagné au plus grand loto qui sait jamais été organisé). |
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slimfat
8889 messages |
le 18 Février 2011 à 15h46Citer |
| Wow. Ce site.. à une descendance. :x Je peut mourir en paix :x *fuit* |
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