Forum : Forum Livres / BD / Mangas : Lectures par épisodes ça vous tente?
Paco_tille
227 messages
J'voulais savoir un ptit truc: si on est soi-même auteur amateur, est ce qu'on a le droit de faire découvrir son bouquin? En postant des épisodes... et deuxième chose, est ce que vous êtes intéressés, pas al peine que je les poste si personne viendra lire ^^
Voilà, mercide em répondre au plus vite 
LoLoL
130 messages
En tout cas, tu es assuré que je lirai tes épisodes si tu les postes !
La seule raison qui me pousse à ne pas diffuser sur Internet l'integralité de mon propre livre, c'est que j'ai peur que l'on me fasse un copier/coller, enfin ce genre de chose et que l'on s'approprie ce livre...
Mais je ne ferai pas une telle chose avec l'oeuvre de quelqu'un d'autre.
Par contre, comme je l'ai precisé plus haut, je lirai très volontiers les "épisodes" de ton livre !
Le livre est le meilleur ami de Merwan...
melira
3748 messages
Mais oui mais oui poste Paco_tille! J'vais lire ton histoire, moi aussi j'ai déja poster ya longtemps mes trucs sur un forum et ça m'avait beaucoup aider à l'améliorer!
Paco_tille
227 messages
Okay! Aloreuh... je commence:
[center]Chapitre 1[/center]
La lueur de quatre torches éclairait faiblement les mystérieuses peintures des cinq murs de la pièce de forme pentagonale. Sur la première façade, une énorme goutte d’eau au centre d’une mer déchaînée surplombait des écritures très énigmatiques. Sur la seconde, la troisième et la quatrième, étaient représentés, respectivement, une tornade terrifiante, un feu digne des domaines infernaux et un paysage de collines sur un fond de verdure qui, eux aussi, surmontaient des caractères aux sens inconnus. Une combinaison de ces fresques se mélangeait entre deux gigantesques mains gantées de noir sur la cinquième face de la salle, où un autel était érigé juste devant. Au centre de cette dernière, un quatuor d’hommes paraissant d’un âge assez avancé, était assis en cercle, main dans la main. Ils étaient vêtus d’une toge, arborant chacune une couleur différente : rouge, vert, bleu et jaune. Ils portaient une sorte de chapeau de même teinte que leur habit. Sur leur visage aux paupières closes, dissimulé en partie par une barbe garnie quoique taillée, se peignaient des rides dues à une concentration mentale très intense. Un silence total régnait. Seules persistaient les respirations saccadées des quatre mages. Des gouttelettes de sueur perlaient leurs fronts. Après une longue attente de plusieurs dizaines de minutes, un semblant de lumière blanche se forma au-dessus de leurs têtes. Les flammes des torches semblèrent s’apaiser tandis que l’étincellement du halo s’intensifiait. Sous l’illumination quasi parfaite, les quatre mages esquissèrent un sourire d’admiration et de fierté. Malgré leur concentration toujours aussi soutenue, ils rouvrirent leurs yeux pour contempler leur exploit. Puis, la boule lumineuse, tout juste réalisée, se contorsionna et laissa échapper une seconde sphère de plus petite envergure. Les sourires béats des hommes furent alors subitement essuyés par un sentiment de panique. L’ampleur de la seconde égalait presque maintenant sa génitrice. L’un d’eux, habillé couleur azur, poussa un cri d’angoisse et lâcha subitement la paume de son collègue de droite pour camoufler ses pupilles bleutées du revers de ses doigts. Le cercle rompu, les deux halos disparurent en un fracas intense qui plaqua les hommes au sol, suite à un déchaînement d’étincelles multicolores. Avec une souplesse surprenante pour des personnages au physique aussi âgé, les mages bondirent en l’air et se remirent debout. Avec effarement, leurs regards se dirigèrent derrière l’autel, sur la cinquième façade du mur. Les gigantesques mains s’étaient dédoublées autours de la sphère regroupant les quatre éléments. Lentement alors, le quatuor, qui ne cachait nullement son effroi indéniable sur ces moments passés, se retourna et sortit de la pièce, où, inlassablement, l’éclat des torches avaient repris de la vivacité, aucunement perturbé par ces évènements titanesques…
[center]* * *[/center]
Déjà dix longs mois s’étaient écoulés depuis la naissance de l’année 2189, sur le monde appelé, communément par toutes les anciennes nations, Terre. En effet, le mot « nation » n’existait plus puisque désormais, voilà bientôt une décennie, la constitution Terrae régissait l’ensemble de la population planétaire. Un président mondial, élu par suffrage universel direct, prenait la direction du gouvernement composé de ministres issus, respectivement, de chacune des « sections » autrement dit, des régions découpant le système territorial en parties égales et bien définies. Une immense assemblée des représentants élus par groupes de dix milles personnes (chaque membre du groupe étant méticuleusement sélectionné en fonction de son statut social pour bien que chaque élu soit l’icône de ses électeurs), siégeait dans l’un des plus grands bâtiments au monde : une sphère, à base rectangulaire, recouverte par plaques de dix mètres au carré de vitres excellemment scintillantes, rattachées à un squelette d’acier mesurant plus de huit cent quatre-vingt-dix mètres de haut. La bâtisse reposait en plein centre de la nouvelle Bagdad, à l’emplacement même de l’ancienne après l’avoir débarrassée de ses ruines encore fumantes. Tous les ministères l’entouraient, suivis par le foyer présidentiel et du Premier ministre. La nouvelle république s’éveillait sur des bases tout aussi neuves pour lui donner un plus grand prestige et une stabilité plus convaincante. Seulement, dès sa seconde année d’émerveillement, elle s’était confrontée aux problèmes les plus graves et les plus multiples que le monde n’ait jamais connus. L’épuisement définitif des puits de pétrole remplacé par une huile peu rentable (par la faute du surplus de dépenses agricoles qui limitaient donc les gains) ainsi que la révolution immobilière concernant le manque de places sur la planète et, ajoutés à cela, les dérives climatiques qui se multipliaient, minèrent indéniablement la toute jeune et fluette Terrae. La période qu’on appelait « La Crise » venait de se déclencher et de plonger le gouvernement dans les tréfonds de son incapacité à résoudre l’affaire. « La Crise » dura non loin de deux longues années, ravageant les ressources économiques planétaires. Quand elle allait finir par anéantir intégralement le monde Terrae et faire dissoudre les sections en pays à nouveau indépendants, une mystérieuse organisation avait envoyé une délégation dans le bureau même du président de la république mondiale sans même, selon l’anecdote, prendre de rendez-vous ou en informer les secrétaires de celui-ci. Elle était apparue, sans l’ombre d’une suspicion. L’entrevue n’avait duré qu’une petite heure, juste assez suffisante pour redonner à la république Terrae une once d’espoir, lumière au bout d’un long et sombre tunnel ponctué de déficits et de réclamations inadéquates populaires. Cette délégation aurait dévoilé un secret gardé depuis de nombreux siècles ou plus, car nul n’a amassé assez d’informations pour en tirer une conclusion claire. Un certain Empire, appelé Polégardie, existait apparemment sous la croûte terrestre et était d’une richesse inégalée. Aucun ancien pays n’aurait pu rivaliser avec autant de trésors pas même Terrae dans ses premiers pas qui, pourtant, recevait les fond de toute la population mondiale ! En plus de cet empire financier qui proposait ses services, la délégation s’engagea auprès des scientifiques de leur apporter les solutions pour les compositions des carburants ainsi que pour la limitation des pollutions en tout genre. Interprété en canular dans les débuts par les médias, le fameux Empire tint ses promesses et renfloua les caisses de la république en achetant sans compter des fleurs, des montagnes de fleurs. Puis un beau jour on apprit qu’un certain personnage, hautement important, avait posé le pied sur le sol de marbre des institutions républicaines et s’était entretenu en privé dans les appartements du président mondial Sarcadid Mernine. Il fallut plusieurs jours, au moment d’un discours diffusé par hologramme, pour apprendre qu’il s’agissait du tout puissant Empereur, maître de la Polégardie. On découvrit à cette occasion qu’une nouvelle loi entrait en vigueur : les agents de l’Empire, en remerciement de l’aide de celui-ci, seraient au-dessus des lois et libres de passages dans n’importe quels lieux, dans les territoires sous la juridiction de Terrae. Cependant, malgré toutes les courbettes et les dîners officiels en l’honneur de la Polégardie, le gouvernement et surtout son président voyaient d’un mauvais œil la suprématie de cet empire, et ils tentaient, bien que les dettes continuassent de s’accumuler, à écarter le plus possible les émissaires, envoyés par cette puissance, des affaires politiques mineures. Seulement, agir de la sorte engendra bien pire que ce que « La Crise » aurait pu causer…
A suivre...
melira
3748 messages
Je sais si c'est parce que c'est écrit petit ou qu'il est tard ,mais je dois avouer qu'il y a des moments ou je capte pas tout ce qui se passe à cause de la ponctuation.
Je crois que tu devrais faire des transitions entres tes phrases...ne pas sauter d'un truc à l'autre en suposant que nous allons deviner....enfin j'espere vraiment que la suite nous fera connaitre un personnage principal!
Paco_tille
227 messages
Ouais
ça c'était plus un prologue! Si y'a des trucs que t'as pas capich', demande ^^
Chapitre 2
«Le soleil vient de se lever sur la section nord européenne. Les nouvelles de ce matin vingt novembre : l’Assemblée a adopté le projet de loi visant les règles de l’ordre des passages dans les territoires maritimes. Les pêcheurs de la cité bordelaise ont largement fêté leur victoire pendant toute la nuit provoquant l’irritation de leurs voisins du sud. Section américaine nord : un violent accident a causé la mort de deux passagers d’un véhicule immatriculé en section américaine nord-ouest. L’enquête est en cours pour déterminer la cause des victimes. Nouvelle altercation hier, en section chinoise, entre une bande de jeunes hommes âgés de pas plus de vingt-cinq ans, avec des agents polégardiens. Résultat : la moitié du groupe est blessé par balles et le gouvernement s’interroge sur la façon de diminuer ces incidents. En effet, les relations avec l’Empire sont de plus en plus tendues. La bourse : elle est en hausse avec plus sept pour cent, un record ce mois-ci, ,notamment grâce à une entreprise située à Malte qui a plutôt l’air de bien tourner grâce à des échanges de tulipes avec la Polégardie. Notre reportage après le flash météo. Dim doung dinnng : Mesdames et messieurs bon…»
Marc releva son doigt encore tout endormi qui venait de se poser sur le bouton « off ». Décidément, les nuits passaient bien trop rapidement : à peine avait-il fermé l’œil, la veille, que la maudite voix du présentateur de sa radio datant du début des années 2130 claironnait le matin levant. A tâtons, il partit à la recherche de ses vieilles pantoufles dissimulées dans l’imbroglio de couettes et de draps. Le sol était froid. En grimaçant, il constata que son père n’avait toujours pas allumé le chauffage thermique. « Trop cher ! » se lamentait ce dernier. Et il rajoutait, quasiment à chaque fois, qu’avoir un peu froid avant l’hiver protégeait contre les maladies à venir. Peut être avait-il raison, néanmoins Marc grelottait et soufflait comme un forcené au milieu de ses paumes jointes pour tenter de se les réchauffer. Il se dirigea lentement, tremblant, jusqu’à la salle de bain où il attrapa son antique brosse à dent, cadeau de son grand-père décédé voilà déjà dix longues années, et actionna sa mise en route. Ses poils jaunis tournoyaient en un grincement insoutenable. Marc l’inséra précautionneusement dans sa bouche et laissa son ustensile faire le travail. Soudain la voix de sa mère retentit, lui sommant de descendre au plus vite pour avoir une chance d’avoir son petit déjeuner. Grommelant, il reposa sa brosse, et descendit, traînant les pieds sur la moquette qui ne connaissait plus sa couleur originale, le long de l’escalier en colimaçon qui desservait la cuisine.
Marc admirait sa mère pour son dévouement aux tâches ménagères. D’ailleurs elle s’amusait à répéter que les taches n’avaient plus de secret pour elle. En vérité, elle avait beau frotter, gratter et lessiver, les marques de graisses ou d’humidité ne disparaissaient que rarement. Personne ne l’accusait, tout le monde savait pertinemment que les produits de lavage étonnants, que l’on contemplait inlassablement à la télé, faisaient faute. Nathalie, il s’agissait de son prénom, envoya un magnifique sourire à son fils en lui présentant son misérable bol de céréales simplement de couleur ocre . Elle avait honte de donner cela à son enfant, alors que presque toutes ses voisines offraient chaque matin à leurs progénitures les surprenants « Hull Gets » qui passaient du rose au bleu en quelques minutes et qui possédaient un arôme extrêmement alléchant. Cependant, Marc ne montrait nul signe de dégoût et mangeait avec appétit son maigrelet repas de début de journée. Au loin, dans le salon, chantonnait l’arriérée télévision trois dimensions. Nathalie retourna à la vaisselle que son mari avait laissée l’heure d’avant, lorsqu’il s’était préparé à partir pour son travail de docteur. Evidemment, « docteur » était un mot qui se classait tout de suite avec les adjectifs des plus aisés. Or, maintenant, cela ne signifiait plus rien. Mis à part les grands chirurgiens de renom, du moment que l’on savait manier un scalpel et ne pas trop faire gicler de sang, on nous accordait le métier de docteur. Mais l’argent ne venait jamais avec. Nathalie soupira en regardant son fils curer le fond de son bol. « Que va encore nous réserver le destin ? » se demandait-elle…
Marc, lui, avait d’autres préoccupations. Depuis quelques nuits, trois précisément, un même rêve lui embrouillait l’esprit. La première fois, une sphère de lumière verte lui était apparue. Elle avait tournoyé dans son esprit comme si elle rebondissait sur les bords de la partie interne de son crâne. Une perception de fraîcheur s’était emparée de tout son corps et, le lendemain, il aurait cru avoir volé dans les plus hauts cieux de l’univers tellement il se sentait léger. La seconde nuit, une boule exceptionnellement rouge avait fait la même scène que la verte. Seulement, lorsqu’il s’était éveillé, il avait sué à un tel point, que les draps de son lit en étaient trempés. Son père l’avait ausculté et n’avait détecté aucun signe de fièvre apparent mais avait préféré ne pas l’envoyer à l’école. Et cette nuit, il avait rêvé d’une autre pelote d’étincelles lumineuses : une bleue. Après avoir réalisé l’identique déplacement de ses paires dans son cerveau, elle l’avait plongé dans l’immense océan de son subconscient. Elle lui avait fait suivre les mouvements houleux de son esprit avant de ne le faire rejaillir dans les vagues déchaînées de sa colère réprimée contre sa vie pitoyable actuelle. La nuit était passée très vite, trop vite. Il aurait voulu voir plus, mais son réveil l’avait tiré des berges troublées de ses songes…
Après un rapide passage sous la douche, Marc attrapa son cartable de cuir et réajusta la petite insigne de son école qu’il colla sur sa poitrine droite. Il embrassa sa mère qui astiquait le plancher de la cuisine, et sortit en évitant le seau d’eau où trempait la serpillière coutumière. Son quartier était assez ironique. Se mélangeaient, sans aucune gêne, des maisons luxueusement décorées et parées de mille feux, ainsi que des taudis délabrés, vestiges de la gloire de familles d’antan. En effet, « La Crise » avait fait mettre la clef sous la porte à de nombreux riches industriels. C’était comme ça que sa mère avait perdu son gagne pain. Elle ne voulait jamais en parler, mais elle en souffrait.
Marc attendit encore quelques minutes, puis surgit enfin son voisin de deux pâtés de maisons, Roald. Celui-ci avait de remarquables yeux sombres surplombant un visage brun, lui valant les compliments de moult filles de sa classe. De plus, son père faisait parti de ceux qui n’avaient subit aucun dommage lors de « La Crise » et qui même avaient su monter une affaire florissante. Cependant, Roald restait un enfant simple détestant ses semblables qui vantaient leur confort financier. Marc l’aimait pour ça. Il le considérait comme le frère qu’il n’avait jamais eu le bonheur de posséder. Et c’est ensemble qu’ils prirent le chemin de l’école…
A suivre...
[PS: j'ai mis en gras pour que ça fasse plus lisible...]
LoLoL
130 messages
Pour ma part, tout est parfaitement compréhensible dans le premier chapitre et clairement dit. C'est également merveilleusement écrit et il me tarde de pouvoir lire la suite qui, d'après le début de récit, promet d'être très interessante!
Il en est de même pour le chapitre 2 que je viens de lire! J'ai hâte de connaître la suite de ce qui arrive à Marc bien qu'il ne lui soit pour l'instant rien arrivé de special ^^
// Message édité par LoLoL
Le livre est le meilleur ami de Merwan...
Paco_tille
227 messages
Merci! J'ai l'honneur de te préciser que le chapitre 3 j'le mettrais demain ^^
OU ce soir enfin... j'vais pas les balancer trop vite (mm si j'ai du stock) parce qu'après ça décourage les autres (et même ceux qui sont en train de lire xD)
LoLoL
130 messages
Oui, j'aime bien le supspens! En plus, tu as raison, ça risque d'en décourager de voir trop de lignes d'un seul coup!
Le livre est le meilleur ami de Merwan...
melira
3748 messages
Hooo merci d'avoir mis en gras!
Mon état d'esprit aujourd'hui n'est surement pas le même que hier pare que j'ai tout relu et j'aime bien finalement...
j'aime aussi ton perso principal...je sens que je vais m'y attacher^^
Paco_tille
227 messages
Ah bah j'espère il est fait pour 
Bon, ceci est un petit épisode de transition, histoire de bien mettre le décors en tête ^^:
Chapitre 3
Le soleil oriental se levait sur la prestigieuse Bagdad, capitale Républicaine. Tous ses bâtiments officiels étincelaient sous ces rayons matinaux, leur donnant véritablement l’image des bijoux sacrés de Terrae. Le palais de Justice, imposant édifice, renvoyait l’ombre de sa structure métallique sur l’immense place de la République. Au centre de cette dernière, pétillait continuellement une fontaine représentant une main ouverte portant le globe terrestre. Ses jets demeuraient les plus hauts de tout le monde. En face, la Banque Mondiale laissait flotter son drapeau officiel : des lauriers entourant un œil qui avait sensiblement la forme, lui aussi, de la Terre. Jouxtaient ensuite les ministère de l’Intérieur, avec ses six cent soixante-dix fenêtres, ainsi que le quartier général des AG (actions gouvernementales) qui luttaient perpétuellement, avec son armée de scientifique, contre les dérèglement climatiques ou les problèmes de manque de nourriture sur la planète. De chaque côté de cette grandiose place, trônaient, au nord, la palais présidentiel et, au sud, l’immense sphère de l’Assemblée mondiale.
Cependant, malgré cette vision magnifique, Sarcadid Mernine tournoyait de long en large dans son bureau triangulaire. Les problèmes s’accumulaient sur ses épaules mais, toutes aussi solides qu’elles soient, il sentait qu’elles finiraient pas s’affaisser sous le poids des responsabilités qu’on lui infligeait. Nostalgique, il se remémorait sans cesse ses instants de gloire où tout semblait briller pour le mieux pour lui… Lors de la création de son parti et de sa position pour un gouvernement mondial, il avait, étonnement, grimpé en flèche dans les sondages. Les populations de toutes les nations avaient manifesté, les grèves s’étaient multipliées pour sa simple personne, les plus grandes industries avaient apporté leur soutien pour que son projet d’effacement de TOUTES les frontières. Mernine s’était vu propulsé en tête de la scène politique et il avait gagné les élections de 2180. Sa détermination à monter la capitale en plein centre Asiatique avait choqué les plus grandes puissances chinoises ou japonaises. Cependant, il avait déclaré sa célèbre phrase :
« Bagdad ne fut-elle pas le berceau de l’homme ? Elle demeurait maîtresse du monde dans ses débuts, elle le redeviendrait dans sa fin »
Sous des tonnerres d’applaudissements populaires, la première pierre de la capitale avait été posée. Les médias diffusaient tous les jours l’avancée de la construction de la fascinante place républicaine, et des dons privés considérables avaient été offerts à l’Etat Unique pour mener le plus rapidement à terme ses gigantesques installations. Lorsque le jour J arriva, cinq années plus tard, une illustre cérémonie fut célébrée. Des avions de la toute nouvelle et unique air force, bien que l’armée fusse démantelée, avaient largué au dessus de la capitale des pétales de roses blancs et rouges. Un défilé mémorable avait eu ensuite lieu, suivi par une procession de grands hommes venus appliquer leur signature sur la « Dalle des puissants » placardée sur la façade ouest du parlement patronal. Des ciseaux d’or avaient été ensuite utilisés pour rompre l’inévitable ruban rouge délimitant le moment où la capitale prendrait enfin sa fonction. C’était aussi à cette occasion que Mernine avait remporté une belle victoire sur la guerre des races.
« Vous serez tous frères et toutes sœurs de sang, unis, ensemble pour l’éternité, sous la bannière unique de la République Terrae »
Les quelques heurts passagers étaient dorénavant sévèrement punis et les chaînes d’hologramme avaient même eu la brillante idée de diffuser un programme « Honte pas rouge mais colorée » qui humiliait des criminels ayant osés proférer des insultes basées sur la couleur de peau ou de race. Evidemment, le concept avait aussi rapporté gros, mais le taux de bagarre raciale avait littéralement chuté.
Seulement, la grandeur d’antan du pouvoir gouvernemental mondial semblait bien loin. L’Empire avait contrecarré tous ses plans pour établir un véritable ordre nouveau sur la Terre. Certes, il avait été mystérieusement généreux pour le relever de « La Crise » mais il avait eu tendance à prendre le contrôle d’un peu toutes les ressources planétaires. Tenant sa promesse, il avait promis d’apporter une solution pour les ingérables problèmes de carburant. Etant donné que les recherches scientifiques avaient abouties à un alliage de végétaux très complexe, ce nouveau « pétrole » coûta immanquablement cher. Or, le tout grand Empire mit sur le marché sa propre huile à un prix inégalable : le fameux « Promotus ». Si les entrepreneurs ou les concessionnaires automobiles ne regardaient pas leur porte-feuille et auraient agi pour leur démocratie, le gouvernement Terrae s’en serait sorti la tête haute. Seulement, le choix fut très rapidement réalisé et la Polégardie devint maîtresse de la circulation mondiale.
Cependant, le plus étrange phénomène résidait dans les agents impériaux. Ceux-ci étaient toujours impeccablement vêtus d’un costar noir sur chemise noir surplombés de lunettes de soleil de même couleur. Leurs véhicules coupés sportifs, eux aussi, avaient droit à la même présentation. Depuis la loi, ils circulaient librement dans tout le monde Terrae et s’arrêtaient à certains endroits où généralement leurs visites tournaient mal. Constamment, on rapportait des blessés par balles, des incendies ou des poursuites automobiles incroyables. Il fallait gérer leurs bavures, malgré le mécontentement de la population. Et, même si l’Empereur envoyait, à chaque fois, des messagers pour excuser ces faits regrettables, les agents continuaient leur mystérieuse ronde, comme s’ils recherchaient quelque chose… ou quelqu’un !
A suivre...
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