Forum : Forum Général : Ma nouvelle : Une jeunesse fanée (Mizato ... Admire !
Encre_rouge
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Bon bah voici une petite nouvelle que j'ai faite ... Bonne lecture ! (je sais c'est un peu long)
Ville de Syon, Le soleil se couchait laissant place à une demi-lune ressemblant plus à une lame d'épée courbée qu'a un croissant. Les rues étaient désertes, pas âme qui vive sur ces chemins de terre, à part une petite fille. Une petite fille, un balai en main, balayant le sol qu’elle regardait de ces petits yeux d’enfants. Des yeux d’enfants bien trop rouges d’avoir pleuré pour son âge …
Elle avait des cheveux blonds mais si sales qu’on pouvait les croire bruns, des haillons qui lui servaient de vêtements et un visage fort triste. Un visage marqué par les cernes et les blessures, un visage sombre et inanimé, un visage n’ayant jamais connu le bonheur, la joie et le sourire des bons moments, en bref : pas un visage d’enfant. Malheureusement ce pauvre petit être, touché de plein fouet par la cruauté et l’insensibilité ne pouvait rien faire contre cela, il y avait bien longtemps qu’elle avait perdu tout espoir.
D’ailleurs plus elle balayait avec ardeur plus les larmes sur son visage coulaient … Seulement cela faisait plusieurs années qu’elle n’avait plus rien à pleurer. Et pour rajouter à sa souffrance, le ciel se mit lui aussi à pleurer sa douleur.
Sa tâche terminée, elle se retourna et vit alors la porte de l’enfer, la salle de torture de Satan. Rien ne l’obligeait à pousser la porte pour y subir les pires supplices mais malheureusement elle n’avait pas le choix, qui aurait voulu lui offrir le gîte et le couvert ?
Le vent soufflait fort ce soir-la, balayant les cheveux de notre petite elfe ainsi que ses loques, laissant entrevoir de petites jambes. Enfin ... Des jambes ... Ici, le seul mot « os » décrirait mieux ce qui lui permettait de tenir encore debout, au vu de sa maigreur.
Notre enfant tourna donc la poignée de la porte, doucement pour apprécier ses derniers moments de liberté, puis entra dans la demeure de ses parents adoptifs … Que dis-je ? De ses maîtres, serait un terme plus approprié.
La porte avait du mal à se refermer à cause du vent et il fallut toute la force de notre petite elfe pour pouvoir la pousser jusqu'à ce que le mauvais temps ne rentre plus dans la maison. Seulement les feuilles jaunies de l’automne qui avaient accompagnées la jeune fille jusqu'à l’entrée s’étaient permises de rester un peu, elles aussi à l’abri du froid.
Soudain sorties du noir, deux autres jeunes filles se mirent devant l’elfe et la pointèrent du doigt. Elles étaient brunes et portèrent les mêmes vêtements. Des vêtements avec des motifs de toutes les couleurs. Voyez-vous ? Ces couleurs qui animent la vie d’un enfant, qui le rend aussi gai et innocent que le petit oiseau sortit de son œuf, eh bien à force d’indifférence et d’inhumanité, elles laissèrent Akira –car c’est comme cela qu’elle s’appelait- aussi indifférente qu’un minéral.
Ces deux autres jeunes filles comme je les citais tout à l’heure, étaient très belles. Toutes deux avaient de petites mains blanches, de petites robes aux motifs multicolores et de petits visages d’anges. Encore un peu et l’on pouvait les comparer à des poupées de porcelaine.
Mais malheureusement la nature fait parfois bien mal les choses ...
Car si elles avaient un physique parfait, la mentalité ne suivait pas et chacune était aussi méchante et sournoise que belle et souriante. Des démons dans des corps d’anges voila ce que ces enfants étaient, comparées à Akira qui était un ange mais dans un corps de démon
Notre petit être, tout mouillé par cette pluie de plus en plus violente était donc pointée du doigt par ces deux autres jeunes filles. Celles-ci avaient un sourire presque ... sadique, comme celui d’une personne ayant de par son habilité, écrasée une mouche ou encore celui de l’assassin avant de tuer sa victime. Mais ce qu’elles désignaient n’était pas vraiment Akira mais plutôt ce que celle-ci avait laissé sur le sol. Coupant soudainement ce silence de mort, l’une des deux « poupées de porcelaine » cria de sa petite voix d’enfant
-M’man, Akira a fait rentrer plein d’eau dans la maison !
La deuxième compléta alors quelques secondes plus tard ce qu’avait dit sa partenaire mais cette fois-ci avec un faux air affolé
-De l’eau partout le sol !
Cette façon de compléter comme ces deux-la le font, Seules des sœurs en sont capables, des sœurs toujours complices dans le meilleur comme dans le pire et justement ces deux pestes étaient ... Des sœurs. Mais voila, le lecteur l’aura compris, toute cette complicité, cette magnifique union n’avait qu’une seule origine et celle-ci se trouvait juste devant elles.
Nuire à l’elfe tel était leur devoir, lui rendre la vie impossible tel était leur souhait, la tourmenter jusqu'à son dernier souffle tel était leur but.
Et pourquoi ? Juste parce que notre Akira se trouve en position d’infériorité ? Non, ce serait trop simple ...
Soudain des bruits de pas se firent entendre et une fine silhouette apparut : c’était la mère des deux jeunes filles.
Dans l’ombre un fantôme, dans la lumière un monstre. Les joues creusées, ses rides se voyant aussi bien que ses os, elle était aussi hideuse que ses deux filles étaient bien faites.
Vous savez, il y a des visages qui ne nous inspirent pas confiance ... Mais celui de cette femme était à vous glacer le sang, si bien que vous vous demandez alors si la joie et le bonheur existent sur cette Terre.
Ajoutez à ce « délicieux mélange » une horrible maigreur et vous aurez tout simplement un squelette. Heureusement pour ses deux filles que cette fois-ci les fruits sont tombés très loin de l’arbre car seule la couleur des cheveux leurs étaient commune.
Le "squelette" était affublé du tablier et du foulard des mères au foyer, aussi, elle tenait un rouleau à pâtisserie dans la main gauche et un torchon dans la main droite.
Elle marcha donc en direction d’Akira, les sourcils froncés. Puis soudain avec la rapidité du chat et la force de l’ours, la femme frappa violemment Akira par derrière avec son rouleau. Mais pas trop fort non plus, car la perte d’une servante ne demandant ni salaire, ni repos, travaillant d’arrache pied chaque jour juste pour avoir une ridicule ration de nourriture serait presque un drame !
Mais même la plus indifférente des petites filles ne pouvait contenir la douleur en elle-même. Ainsi, elle poussa un cri à percer ses poumons avant de tomber à terre ... dans la saleté.
« Oh ! Je t’ai à peine touchée ! Qu’est ce que c’est douillet ces elfes ! Bon tu vas me nettoyer tout ce que tu as sali et sans le balai pour la peine » dit la mère en levant les yeux
Elle prit alors son balai, jeta le torchon sur sa tête et s’en alla accompagnée de ces deux progénitures, toutes souriantes de leur méfait.
Akira ne se relevait pas, elle restait allongée sur le sol froid et dur et attendait ... Seul moment de répit depuis la première goutte de rosée tombée, ce sol lui semblait comme le plus confortable des lits, la cible préférée de Morphée pour cette petite fille de 8, 9 ans.
Seulement pas de repos pour l’elfe qui se releva difficilement pour accomplir sa nouvelle et habituelle tâche : nettoyer.
Mais cela n’a pas toujours été ainsi, 4 ans plus tôt elle était encore un jeune bourgeon voulant à tout prix éclore. Malheureusement il y a des fois où le destin frappe cruellement, tel un coup de tonnerre au moment le plus joyeux d'une vie ...
Voila ce qui était arrivé à ce misérable être enlevée de force des douces rêveries de l’enfance pour aller dans un monde sans pitié : un monde en noir et blanc.
Maintenant je vous propose, pendant qu’Akira frotte des dernières forces qui lui restent, de mieux décrire ses conditions de vie.
Cela faisait donc quatre ans que l’enfant vivait ici ... Quatre années de souffrances qui ont transformé une future rose en une barrière de ronces. Une journée pour lui enlever sa jeunesse, une semaine pour lui dissoudre son esprit, un mois pour lui arracher son âme. Conséquence, un être ne pouvant ni penser et ayant oublié la plupart des sentiments, sauf un : la tristesse.
Les matins d’automne, elle allait dans les champs pour aller ramasser des pommes comme plusieurs dizaines de malheureux. Seulement les pommes n’étaient non pas dans des arbres mais à terre. Pestiférées des industries, des camions les laissent là alors ces pommes à trous ou toutes pourries pouvaient être ramassés par tout le monde mais à risques et périls.
Alors Akira se faufilait parmi tout ces misérables et miséreux, prenait les fruits qui lui plaisaient et partait. Encore une fois la liberté lui tendait ses bras, mais elle n’avait pas le courage d’affronter ce monde sans pitié ...
Ainsi elle ramenait les pommes à la mère des deux sœurs –Nous l’appellerons à partir de maintenant Mme Deschamps- mais si l'un des nombreux fruits qu'elle ramenait se trouvait être pourri alors le manche à balai tombait sur elle tel la foudre, lui laissant le corps bleu et rouge.
Cette promenade lui prenait une heure, la tâche finie, il était donc habituellement sept heures. C’est à cette heure que les filles de Deschamps commençaient à se lever péniblement pour aller prendre le chemin des écoliers.
Tout le monde se retrouvait alors autour d’une grande table et mangeait leur petit déjeuner composé de tartines beurrées et de jus de fruits. Tout le monde sauf notre elfe qui se retrouvait à terre à manger non dans une assiette mais dans une gamelle, non avec des couverts mais avec ses mains, une horrible mixture verte bien consistante. Ici, pas de jalousie étant donné qu’elle n’avait jamais rien goûté d’aussi bon que du pain blanc.
Son premier repas terminé, Akira voyait donc « ces petites amies » partir à l’école. Le père –parce que il y en a bien un- terminant de lire son journal allait, lui, au travail. Il ne restait donc plus qu’elle et la Deschamps.
Ainsi commençait le grand nettoyage non pas du printemps mais de la journée. Juste armée de son balai et d’un seau d’eau, Akira devenait alors « cleanator » la terreur de la poussière, l’ennemi juré de la saleté. Du sol au plafond, de la porte d’entrée du rez-de-chaussée au grenier rien ne lui résistait
Elle n’avait pas terminée que midi sonnait déjà alors elle frottait avec plus de panache. Ce travail terminé elle allait dehors balayer devant la porte d’entrée, devant le regard indifférent des passants. Mais la cruauté de la mère de famille ne s’arrêtait pas la car elle l’obligeait par la suite à mendier l’argent de ces visages livides qui passaient devant elle.
Alors elle s’asseyait, un bol devant elle, et attendait. Sa tête entre ses fines jambes serrées par ses bras, elle n’osait pas regarder droit dans les yeux tout ces gens qui ne lui prêtaient aucune attention. Mais un jour, un jeune garçon qui avait déposé une petite pièce dans le récipient l’aborda :
Voici, Mam’zelle, vous savez, vous ne devriez pas cacher votre visage, c’est une bien mauvaise méthode pour mendier.
Akira leva alors la tête. D’abord aveuglée par un soleil de plomb, elle vit ce jeune homme quatre ans plus âgé qu’elle. Il avait les cheveux châtains mi-longs, de beaux yeux noirs et un visage long et fin. Il avait aussi une belle redingote noire quoique un peu usée. Mais surtout il avait le sourire d’un noble.
« Est-ce à moi qu’il parle ? » se disait la petite fille bercée soudainement par la terrible désillusion de l’espoir. Dans le doute, elle ne lui adressa la parole et remit la tête entre ses jambes. Le garçon lui prit alors la main et en la lui tirant la fit mettre sur son séant. Akira était toute gênée, avec son visage fatigué et ses haillons elle se sentait comme nue. Le jeune homme tout souriant s’inquiéta alors sa santé
Oh ! Que vous avez mauvaise mine demoiselle ! Permettez-moi que je vous accompagne quelque part ou vous pourrez vous reposer.
Même pas le temps de prononcer une syllabe, Akira se retrouvait forcée à courir dans les rues de Syon, le bras tenu par ce mystérieux personnage. Tout deux transperçaient la population comme une flèche transperce l’air. La ou ils passaient les gens criaient, poussés de toute part alors comme un réflexe, la petite fille s’excusait. Le bain de foule terminé, ils traversèrent par la suite des ruelles, des ruelles de plus en plus étroite et de plus en plus sombre. Maintenant était venu le temps des questions … Qui était ce mystérieux garçon ? Et que voulait-il à Akira ? Celle-ci imaginait le meilleur comme le pire mais surtout le pire. Il était vrai que dans ces temps là, les gens de la rue n’étaient guères recommandables.
Mais Akira ne suivait plus, autant physiquement que mentalement et demanda à s’arrêter. Le garçon s’exécuta et lâcha en même temps le bras devenu rouge à cause de la pression. Elle suffoquait, lui souriait encore et toujours de ses irrésistibles dents blanches. Un sourire presque insolent pour la jeune fille qui décida de ne plus se laisser faire.
« Désolé monsieur mais je dois repartir, mes .... Des gens m’attendent »
Tout deux marchèrent donc durant quelques minutes jusqu'à voir l’entrée d’une tour. Il s’agissait de la » Syon Tower » construite durant une guerre qui ravageait le pays. Elle était si grande que l’on pouvait voir l’ennemi à des dizaines de kilomètres plus loin. Akira était sidéré par cette si grande bâtisse, elle qui ne l’avait jamais vue de près. Ils entrèrent donc dans la tour ... La première et seule chose qu’ils virent fut alors un escalier, un escalier circulaire faisant des dizaines de fois le tour de la tour, un énorme serpent gris se tordant afin que nous puissions mieux monter sur son dos. Nos deux personnages gravirent donc le dos du monstre jusqu'à apercevoir une porte. Le jeune homme l’ouvrit alors.
« Grand frère est arrivé ! »
Soudain deux petits garçons de 5 ans environ entourèrent le jeune homme qui s’agenouilla pour ébouriffer leurs cheveux. Cette vision apaisa Akira qui n’avait jamais vu amour fraternel de sa vie. Elle qui prenait ce garçon des rues pour un sauvage ... Elle regarda ensuite ce qui avait l’air d’être la demeure du jeune homme : La pièce centrale qui avait l’air d’être la seule pièce était composé de trois lits, de deux meubles de bois et d’une table à nappe blanche située au centre de cette pièce. Apparemment cet abri n’était pas à lui mais Akira ne se posa point de question.
« Oh mais c’est qui elle ? Oh ! Il nous a ramené une amourette ! »
« Non ce n’est pas une amourette, je vous présente Akira, j’ai eu souvent plaisir de la voir dans mes marches quotidiennes. –se tournant vers l’elfe- Mais au fait je ne me suis pas présenté, je m’appelle Vincent Faure et ces deux petits que vous voyez la sont mes frères »
Comment ce Vincent savait son nom, mystère et boule de gomme, Akira était trop fatiguée pour avoir à penser à cela. Le jeune homme en voyant la mauvaise mine de son hôte l’invita alors à rejoindre la table située au milieu de la pièce et la fit asseoir. Il sortit d’on ne sait ou du pain blanc et du fromage et prit place face à la jeune fille. Celle-ci hésitait devant le maigre repas (qui pour elle était un festin de roi) que lui proposait le garçon des rues. Mais entre la politesse et la faim, il y a des fois où il n’est pas nécessaire de réfléchir : elle prit le pain et commença à manger. Ainsi Vincent la regardait faire, il fouilla dans une poche de sa redingote et lui jeta une bourse en cuir.
« Voila de quoi satisfaire tes parents, si tu mendiais c’est bien parce que ils sont pauvres n’est ce ne pas ? Avec ça vous pourrez manger à votre faim pendant quelques jours »
Akira fut touchée de ce geste et remercia son bienfaiteur, d’ailleurs tellement touchée qu’elle ne savait plus ou se mettre. Elle termina -pour faire plaisir à Vincent- son repas et demanda à partir. Le jeune homme n’insista point mais voulut à tout prix la raccompagner jusqu'à chez elle : Akira accepta. Ils marchèrent donc jusqu'à la porte d’entrée quand soudain les deux frères du garçon des rues s’interposèrent.
« Au revoir mademoiselle »
« Vous nous promettrez un beau mariage hein ? »
Akira rougit alors un peu, Vincent, lui, acquiesça en souriant puis ouvrit la porte donnant sur l’escalier circulaire. Soudain le jeune homme sortit une montre en or de sa poche, réfléchit puis aborda la jeune fille.
« Attendez, j’aimerais vous montrer une dernière chose avant que vous partiez, une chose des plus sublimes en ce bas monde ! En haut de cette tour, suivez-moi ! »
« Désolé Monsieur Vincent, mais je dois partir cette fois-ci car voyez vous je suis très en retard »
Vincent insista, la jeune fille ne pouvait que céder devant cet homme qui lui avait offert le couvert : elle accepta donc.
Tout deux montèrent alors l’escalier circulaire de la tour en courant comme si tout le bonheur du monde les attendait en haut. Mais cette course épuisa bien vite la petite fille qui s’arrêta sur une des marches de l’escalier pendant que Vincent continuait à courir. ... A croire qu’il était infatigable, mais après tout, n’était ce pas un de ces garçons des rues vivant pour survivre ? Une de ces personnes rejetées par le système, par les gens qui l’entourent et l’entouraient jadis ? Se reposant quelques minutes, l’elfe se remit à monter les marches de l’escalier mais cette fois-ci en marchant ... Encore une fois jusqu'à l’épuisement ...
Akira n’en pouvait plus si bien qu’elle croyait ne jamais en voir le bout quand soudain la silhouette de Vincent apparut devant elle. Celui-ci lui tendait sa main droite toujours en souriant. Que voulait-il lui montrer ? Cela valait-il la peine de toutes ces marches montées ? La jeune fille prit sa main la et gravit la dernière marche. Et la, fait extraordinaire, elle vit le ciel, ce même ciel au dessus de notre tête sauf que celui-ci était orangé. Un pas, l’impatience, deux pas : la surprise, trois pas, l’extase.
Un magnifique coucher de soleil se reflétant dans le plus bleu des océans, une peinture dont on ne se lasse jamais, une gourmandise pour les yeux, un régal pour l’âme, une apaisante mélodie ayant le pouvoir d’arrêter le temps. Le plus beau des pièges pour les hommes que nous sommes, un trésor inestimable que personne ne peut voler, que personne ne peut atteindre ... Voila ce que notre petite elfe voyait : la plus belle création de mère nature.
Vincent se taisait ne voulant pas gâcher cet éblouissant spectacle ou silence et réflexion sont maîtres. Ils le regardèrent alors tout deux pendant une bonne dizaine de minutes quand soudain la jeune fille aborda le jeune homme
« Comment pourrais-je vous remercier ? Ce coucher de soleil ... est la plus belle chose qu’il m’est été donné de voir ! »
Akira était contente, Vincent était ému. C’est comme cela, les hommes peuvent être aussi forts qu’ils le veulent face à l’amour ils perdent tout leurs moyens ... Contrairement aux femmes qui ont une assurance incroyable dans ce domaine. Soudain le garçon des rues s’excusa. S’excuser ? Mais de quoi ? Akira n’eut même pas le temps de réfléchir à cette question que les lèvres du jeune homme touchèrent les siennes. Ainsi s’en suivit un long et langoureux baiser : celui d’un amour naissant, d’un amour sincère, d’un amour pur...
« Mais attendez ! Comment peut-on aimer cette bougresse qui se tient la avec ses haillons et son air !? C’est impossible ! Ou alors ... peut-être que pour ce beau jeune homme tout ce qui est beau est moche et vice versa » pensait Akira
Les positions s’inversèrent alors : c’était Vincent qui était content et Akira qui était émue ... Comme si ce baiser avait échangé la timidité du jeune homme contre la hardiesse de la jeune fille, mais l’un comme l’autre, rien ne sortait de leur bouche. L’elfe tourna alors la tête, regardant le ciel orangé. Elle souriait puis en regardant son amoureux du coin de l’œil, elle dit en soupirant :
« Idiot va ... »
« Désolé ... » lui répondit Vincent, lui aussi en souriant, la tête tournée vers le sol.
Une petite brise caressait les cheveux ainsi que les vêtements de nos deux personnages, la nuit était tombée et tout deux avaient marchés jusqu'à la demeure des Deschamps. Le temps des « au revoir » fut venu, des « au revoir » tristes, poignants, durs. La jeune fille et le jeune homme le savaient, leur nuit serait bercée d’abord par les aventures de la journée, puis inexorablement par les questions du genre : m’aime t’il vraiment ? pense t’il à moi ?
Vincent salua alors son amie en se courbant puis dit :
« Bon ... Au revoir mademoiselle, cette journée fut un délire pour mon cœur »
C’était la première fois que l’on montrait autant de respect pour cette misérable qu’était l’elfe. Elle remercia alors son ami, toute rouge d’émotion. Ainsi le jeune homme disparut dans les ténèbres rajoutant je ne sais quoi de mystérieux et d’attirant. Akira soupira encore une fois, elle venait de passer la journée la plus excitante de sa vie, une journée dérangeant le calendrier de la monotonie. Elle poussa alors la porte de la demeure des Deschamps qui fit un bruit à réveiller un alcoolique endormi, vint alors les deux petites filles. Toutes deux esquissaient un sourire à faire peur, de toute façon quand ces sourires apparaissaient sur leurs petites bouilles cela ne présageait rien de bon pour notre Akira.
Soudain l’aînée appela la mère qui vint armé du balai de l’elfe, contrairement à ses deux filles, elle, avait plutôt l’air en colère ... Très en colère. Ainsi commença un long interrogatoire
« Ou étais tu ? »
« Pas ici »
« J’ai ouvert la porte et tu n y étais plus »
« J’étais parti »
« Partie ou ? »
« Dans un endroit ou j’ai eu le sou » Akira montra alors la bourse que Vincent lui avait donné, il y avait de quoi nourrir toute la famille pendant trois jours. La Deschamps qui n’avait plus rien à dire trouva de dernière minute un argument implacable
« Il n’empêche que tu as désobéi à mes ordres et pour cela tu devra payer »
« La maison fait elle crédit ? » répondit alors Akira en souriant comme l’aurait fait Vincent.
La Deschamps ainsi que ses deux filles poussèrent alors un cri en haussant un sourcil, un peu plus et elle reculèrent d’un pas. Après tout, qui ne serait pas étonné qu’après 4 longues années de soumission cette jeune fille pousse elle aussi un cri ? Incroyable effet secondaire de l’amour, cela vous remplit de courage et de fierté à un point ou vous vous sentez pratiquement invincible. Malheureusement ce sentiment ne dure dans la plupart des cas pas très souvent ...
La mère qui cette fois-ci n’avait plus rien dire s’employa à utiliser alors la force tel un animal. Elle leva le balai et frappa alors plusieurs fois l’elfe qui devant une tel rage ne put résister : elle s’inclina devant le mal. L’aînée cachait les yeux de la cadette de peur qu’elle ne voie ce terrible spectacle qui la choquait elle-même. Pour la première fois, les filles ne riraient plus de la douleur qu’on pouvait infliger à Akira et eurent même pitié pour elle car même si la plus petite ne voyait rien, elle pouvait entendre les cris que poussait l’elfe. Des cris de douleur, de plainte, elle demandait pitié. Soudain la vision de Vincent lui revint à l’esprit tel une flèche que l’on décoche sur une cible, ici la cible était son esprit
« Non ! Il ne faut plus que je crie, je dois me montrer forte face à l’adversité tout comme ce jeune homme ! » Pensait Akira
La jeune fille essaya alors de résister, de montrer qu’elle pouvait le faire, de pouvoir, ne serait-ce qu’une seule fois dans sa vie se rebeller contre son maître. De gagner cette guerre qui faisait rage dans son âme depuis quatre longues années. Incroyable force de l’amour qui lui venait en aide en cette sombre nuit d’été, mais contre les bras de la Deschamps, était-elle de taille ? Pouvait-elle faire le poids contre un tel animal ? Son corps devenait de plus en plus rouge à force des coups donnés pourtant Akira continuait à sourire, du sourire insolent que lui faisait il n y avait guère longtemps Vincent. Comme si lui et elle n’avaient fait plus qu’un pour faire face au mal. Ainsi elle ne criait pas, elle rigolait face à ce balai qui voulait sa peau.
« La mère » ne voulait pas le croire, comment une petite fille pouvait elle lui faire face ?! Comment celle qui l’avait toujours servie pouvait se rebeller ?! Comment celle qui ne pouvait faire preuve d’une telle volonté se dressait devant elle ?! Tant de questions sans réponses venaient harceler la Deschamps qui n’avait plus le temps de penser. Alors au lieu de réfléchir, elle frappait comme si elle aurait frappé un punching-ball … Peut être avec plus de plaisir.
L’aînée avait les larmes aux yeux, elle n’en pouvait plus de voir ce désolant spectacle, s’en était trop pour elle et pour son esprit. Défilèrent alors les images de tous les coups en traître qu’elle avait infligé à ce pauvre être qui ne lui avait rien fait, qui s’est contentée juste de se taire et d’exécuter. La honte s’abattit alors sur la petite fille comme la foudre sur un arbre. Terrorisée par sa mère mais voulant à tout prix aider celle qu’elle avait toujours détestée ... Un combat intérieur se fit alors en elle, le mal ou le bien ? L’elfe ou la mère ? L’assassin ou la victime ? Tant de questions d’adultes pour cette petite tête d’enfant. Cependant il fallait faire un choix avant que le pire n’arrive : ces liens familiaux si sacrées et si vénérés ou la simple Akira. Soudain dans un élan du plus pur des courages, l’aînée des Deschamps cria de toutes ces forces, beaucoup plus fort que l’elfe. Un cri lui prenant tout son oxygène mais aussi toute son énergie. Elle demandait ainsi à sa mère de s’arrêter dans sa folie avant de tomber à genoux sur le sol, libérant ainsi les yeux de sa petite sœur. Mais la mère ne s’arrêta point si bien que sa rage se transforma en sadisme. La cadette, plus courageuse que sa sœur, se gonfla les poumons et prit le bras de sa mère, celle qu’elle avait toujours admiré par sa force, elle aussi pleurait. Devant un tel visage, de tels supplices, La Deschamps s’arrêta. Elle et ses filles suffoquaient, autant physiquement que mentalement ... Et Akira dans tout ça ? Elle était la, allongée au sol, souriant, tel un ange. Ses yeux grands ouverts et tous mouillés de larmes, son doux visage éclairé par un rayon de lune qui traversait une fenêtre lui donnait un air de religieuse. Ainsi elle avait poussé son dernier soupir, heureuse et sans regrets puisqu’elle avait connu l’amour.
Ma corps sera ma plume, mon esprit sera mon encre, mon âme sera mon sang ...
Mizato
3624 messages
Bon et bien, quand on m'appelle, je viens =D
J'ai tout lu. Vraiment tout.
J'aime bien, et le début me fait vaguement penser à une nouvelle que j'ai écrite, mais que je n'ai toujours pas terminé.
Il n'y aurait pas le conte de Cendrillon qui t'aurait inspiré? Ta nouvelle me fait énormément penser à ce conte ^^.
Bref, t'écris plutôt bien. Mais ça, tu dois déjà le savoir 
// Message édité par Mizato
C'qui compte, c'est pas la force des coups qu'tu donnes...
C'est le nombre de coup que t'encaisses tout en continuant d'avancer.
Et moi les coups, j'pas capable d'les encaisser.
Encre_rouge
40 messages
Oui on me l'a déja dit pour Cendrillon mais non il y a des choses qui différent.
Akira est victime de son entourage à cause de son origine (c'est une elfe)
Y a pas de magie dans l'histoire et pas de pantoufle de verre ><
Et on ne peut pas vraiment comparer Vincent au prince charmant (Vincent étant un garçon des rues avec un air plus gavroche que prince)
Ma corps sera ma plume, mon esprit sera mon encre, mon âme sera mon sang ...
Mizato
3624 messages
*soupir*
J'ai dit que ça me faisait penser à Cendrillon, pas que c'était identique 
Y'a plein d'éléments qui différent, mais y'en a quelques uns qui se ressemblent quand même ^^.
C'qui compte, c'est pas la force des coups qu'tu donnes...
C'est le nombre de coup que t'encaisses tout en continuant d'avancer.
Et moi les coups, j'pas capable d'les encaisser.
Encre_rouge
40 messages
eh me pique pas mon *soupir* ><
Enfin merci de ton com, Mizato-chan
Au fait y a un ptit MP dans ta boite ^^
// Message édité par Encre_rouge
Ma corps sera ma plume, mon esprit sera mon encre, mon âme sera mon sang ...
Encre_rouge
40 messages
Ma corps sera ma plume, mon esprit sera mon encre, mon âme sera mon sang ...
bad boys du 67
11356 messages
la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible ...
Encre_rouge
40 messages
Et tu viens juste pour dire cela ?! xD
Une petite lecture siouplait ? *fait la manche des lecteurs*
Ma corps sera ma plume, mon esprit sera mon encre, mon âme sera mon sang ...
Mizato
3624 messages
C'qui compte, c'est pas la force des coups qu'tu donnes...
C'est le nombre de coup que t'encaisses tout en continuant d'avancer.
Et moi les coups, j'pas capable d'les encaisser.
melira
3447 messages
j'ai tout lu moi aussi...
rarement j'suis honnêtement venue à bout d'un texte si long, écrit si petit sur un fond beige (aucune rapport...).
Mais ça m'as fait plaisir de le lire
j'adore les nouvelles...et j'ai bien aimé ce que tu nous montre ici.
Encre_rouge
40 messages
Merci melira ! Sinon j'aimerais savoir ...
Est-ce que vous vous sentez dans la peau d'Akira ? est-ce que vous souffrez avec elle etc ?
Ma corps sera ma plume, mon esprit sera mon encre, mon âme sera mon sang ...
melira
3447 messages
J'ai beaucoup plus l'impression d'être témoin impuissant...de moins à la fin.
bad boys du 67
11356 messages
la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible ...
Mizato
3624 messages
Bof.
Honnêtement, je souffre pas vraiment avec elle, ni rien de ce genre.
Les mots employés transmettent bien les émotions, mais j'me sens pas particulièrement touchée par l'histoire.
Mais ça m'empêche pas de bien apprécier ton texte ^^.
EDIT: Chéri...T'as tout lu? O____O
// Message édité par Mizato
C'qui compte, c'est pas la force des coups qu'tu donnes...
C'est le nombre de coup que t'encaisses tout en continuant d'avancer.
Et moi les coups, j'pas capable d'les encaisser.
bad boys du 67
11356 messages
ouais j'ai tout lû! et sa t'étonnes?
Chérie, sa prouve que tu ne me connait pas encore mais ne t'inquiète pas, sa viendra
Sinon, par rapport à cette nouvelle, non je ne souffre pas avec elle : le texte transmet les émotions, les sentiments et tout mais je me sens pas à la place d'Akira (sa ne veut pas dire que t'écris mal!)
la vie est une maladie mortelle sexuellement transmissible ...
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